Comment est née l’ardoise de Trélazé, l’une des pierres les plus connues du monde ?

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Utilisée pour couvrir les toits du Nord de la France mais aussi les plus beaux châteaux, l’ardoise de Trélazé a acquis une réputation mondiale, en raison de sa grande finesse et de son bleu noir profond. Ce gisement, exploité jusqu’en 2014, est né des restes de milliards d’animaux marins, il y a très longtemps. Et dans un endroit inattendu.

 

Depuis le Moyen-Âge jusqu’en 2014, Trélazé (près d’Angers, en Maine-et-Loire) a été le siège d’une importante exploitation minière de l’ardoise. Ce gisement s’est constitué il y a 470 millions d’années, quand la plaque terrestre supportant l’Anjou se trouvait au… Pôle Sud. Directeur du muséum de sciences naturelles d’Angers, Benoît Mellier raconte cette incroyable histoire.

Le sous-sol de Maine-et-Loire regorge de richesses naturelles, comme l’or, le fer ou l’uranium. Comment est né le gisement de schiste ardoisier de Trélazé ?

Benoît Mellier, directeur du muséum de sciences naturelles d’Angers. Comme toutes les roches sédimentaires, par accumulation de sédiments dans le milieu marin. Ces sédiments, ce sont des coquilles d’animaux pour l’essentiel, mais aussi des éléments charriés depuis la terre ferme par les fleuves. Mais l’essentiel, ce sont vraiment de minuscules restes d’organismes qui se déposent dans les fonds marins.

Quand cela s’est-il produit ?

À l’Ordovicien, c’est-à-dire il y a environ 470 millions d’années. À cette période, la plaque sur laquelle repose l’Anjou se trouve presque au niveau du Pôle Sud. Sous l’effet de la dérive des continents, elle va progressivement remonter vers le Nord, tout en s’enfonçant sous la croûte terrestre. C’est là, sous l’effet de la chaleur et de la pression que les sédiments se transforment en roche : le schiste ardoisier.

L’ardois d’Anjou née y a 470 millions d’années.

Comment ce schiste est-il remonté vers la surface ?

Il y a 150 millions d’années, le continent unique, la Pangée, est traversé par des mouvements tectoniques qui donnent naissance à une gigantesque chaîne de montagnes, d’ampleur himalayenne. Le massif armoricain en est l’une des traces. C’est là que le schiste ardoisier devient accessible, même s’il peut être mêlé à d’autres roches.

À partir de quand cette matière première est-elle exploitée par l’Homme ?

Vers la fin du Moyen Âge (1). La plus ancienne mine identifiée est celle de Villechien, exploitée dès 1434. Comme toutes les ressources géologiques, l’Homme utilise d’abord ce qui affleure. Puis, au fur et à mesure de ses besoins et de l’importance du matériau, il creuse sous terre pour extraire la roche dont il a besoin.

Qu’est-ce qui explique que l’on s’intéresse à cette roche ?

D’abord, elle est légère et on peut la tailler en fines lamelles. On pourrait très bien réaliser des couvertures en granit. Mais pour présenter la même étanchéité, il faudrait qu’elles fassent 10 cm. C’est d’ailleurs l’autre grande qualité de l’ardoise et surtout de celle de Trélazé : la très grande finesse des sédiments qui la composent la rend particulièrement imperméable. Elle est ainsi également utilisée pour les soubassements de bâtiments en tuffeau. Ce n’est pas pour rien que l’Anjou deviendra la zone d’Europe offrant la plus grande concentration en chevalements. On a recensé 172 puits creusés débouchant sur 431 chambres.

 

Source: Ouest-France

Author: Olivier PAULY

Photos: Ouest-France

 

 

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